Visiter la grotte

Comme l’avaient remarqué Louis Capitan, l’abbé Breuil et Denis Peyrony, les niveaux d’occupation se concentrent, voire se télescopent, en une mince stratigraphie (de 0 à 5 cm !), un mince feuilleté de petits litages noirâtres séparés par un liseré argileux, avec poteries coiffant l’ensemble (dans la zone décorée, de l’entrée au carrefour et dans la galerie latérale). Deux petits foyers, l’un en fonds de galerie, l’autre au pied du Rubicon, n’ont jamais été datés.

Attribuable au Paléolithique supérieur sans précision, un outillage lithique sur lames et éclats semble plus typique. Quelques grattoirs et pièces retouchées sur lame pourraient appartenir à l’Aurignacien sans que cette période soit réellement attestée par son industrie osseuse caractéristique. Indubitable en revanche, une pointe à face plane et deux fragments de pièce foliacée solutréenne, vers - 20 000 ans, l’époque de Lascaux.

Le matériel raisonnablement attribuable au Magdalénien, plus ou moins contemporain des peintures, semble cohérent mais insuffisant en l’absence d’une industrie osseuse caractéristique à l’exception d’une aiguille fragmentaire. Il provient surtout du secteur le mieux conservé, au pied des peintures, au-delà du Rubicon. On remarquera la quasi absence de lampes, y compris de fortune : l’éclairage de la grotte aura sans doute été plutôt fourni par des torches. Des fragments de colorant, peu démonstratifs, et des outils lithiques (burins, etc., plus ou moins émoussés) ont probablement servi au décor sans que la preuve formelle en ait été apportée. Sortant du lot, une esquille osseuse gravée d’une tête de cheval garantit bien la présence magdalénienne.