Visiter la grotte

D’une manière générale, il est très difficile d’établir une relation claire entre le décor pariétal et le contexte archéologique d’une grotte ornée, plus encore dans le cadre de travaux anciens ; le plus souvent, l’objet est la preuve de la fréquentation d’un lieu, pas de sa décoration. De plus, en période froide, la sédimentation assurant la contextualisation des objets est faible, voire nulle en profondeur, à la différence de celle des abris sous roche, soumis à l’alternance gel/dégel favorisant l’accumulation de sédiments et la conservation des vestiges. Il en résulte que les apports anthropiques, correspondant peut-être à des millénaires de fréquentation, peuvent reposer sur un même niveau.

Une grotte ornée enfin n’est pas un habitat : les hommes y ont laissé les traces de leur expression symbolique, mais pas d’activités techniques domestiques sinon en rapport étroit avec le décor : c’est un peu comme si, fouillant une église abandonnée depuis plusieurs siècles, on y recherchait les vestiges de la vie quotidienne. Le matériel est souvent limité, et si les colorants découverts au pied des peintures ont sans doute contribué à leur exécution, ils peuvent à la limite être antérieurs ou postérieurs tant que la preuve de leur stricte contemporanéité n’aura pas été apportée.

L’attribution chronologique des objets ne constitue pas un argument sans faille pour dater les peintures. Elle montre souvent, comme à Font-de-Gaume, un rapport très lâche avec les datations directes des œuvres – impossible à Font-de-Gaume – et les comparaisons stylistiques avec des pièces objectivement mieux datées. Les objets recueillis dans la grotte ne constituent bien souvent que des indices de passage avant, pendant et après son ornementation.