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La faune

Le réchauffement climatique entraîne également une recomposition dans la répartition des espèces animales. Dans le sud-ouest de la France, les restes osseux trouvés dans les gisements archéologiques constituent l’essentiel du matériel disponible pour appréhender ces changements. Les espèces steppiques ou arctiques (renne, antilope saïga, lièvre variable, campagnol des neiges ou chouette harfang…) laissent la place aux espèces de milieux tempérés. Durant le Magdalénien moyen (He1), la chasse se pratique essentiellement aux dépens des grands troupeaux d’ongulés de milieux ouverts arctiques ou steppiques. Le sud-ouest de la France et sa mosaïque de biotopes peut être schématiquement subdivisé en trois ensembles selon les tableaux de chasse (issus d’un échantillon de gisements). Dans la moitié orientale qui recouvre le Périgord, le Quercy, le Languedoc occidental et les Pré-Pyrénées, le renne est souvent le gibier principal. Dans le nord du Bassin d’Aquitaine, l’antilope saïga domine fréquemment les spectres fauniques. Quant aux Pyrénées centrales et occidentales au sud des Landes, les tableaux de chasse sont plus équilibrés associant renne, cheval, bison et parfois cerf. Les petits gibiers sont très rarement capturés en grand nombre, sauf dans quelques gisements ayant livré du lièvre variable et du lagopède.

Avec le Magdalénien supérieur, les ongulés demeurent dominants mais on note certaines évolutions dans les spectres. Le bison devient rare et le saïga, qui a quitté la Gironde, est remplacé par le renne et le cheval. La moitié orientale de l’espace considéré demeure largement dominé par le renne et parfois le cheval. Dans les Pyrénées, l’ouverture des vallées permet l’accès à de nouveaux biotopes, comme celui du bouquetin. Dans la partie occidentale, la part du cerf augmente jusqu’à être majoritaire dans quelques ensembles fauniques. On voit donc bien que le remplacement du renne par le cerf a été lent et progressif. Parallèlement à l’exploitation de ces ongulés, les tableaux de chasse s’enrichissent en petits vertébrés – si l’on en juge non seulement par le nombre de sites à petite faune attribués au Magdalénien supérieur, mais aussi par l’imposante quantité de restes. Outre le lièvre variable, les oiseaux sont plus fréquemment chassés : lagopède et chocard dans les Pyrénées, chouette harfang dans la plaine. Les données concernant la pêche montrent également une exploitation plus intense du milieu aquatique durant cette période. À ces taxons s’ajoute aussi la capture d’animaux de plus petite taille comme le spermophile et des petits carnivores.