Visiter la grotte

Après la Seconde Guerre mondiale, et la découverte de la grotte de Lascaux (Dordogne), le développement du tourisme amène l’administration centrale à prendre des mesures pour prévenir ou limiter les dégradations des peintures par frottements ou contacts. Dans les secteurs étroits, on pratique le décaissement du sol avec contrôle archéologique. Dans les endroits plus spacieux sont mises en place des protections physiques (rambardes, vitrages). Globalement, le cheminement public est abaissé de 60 à 70 centimètres, en fait entre 0,10 et 1,25 mètre selon les secteurs, mais il reste encore quelques zones réservées potentielles de fouilles.

Les travaux archéologiques dans la galerie principale sont supervisés par Séverin Blanc, en 1951, pour la première partie entre le Rubicon et le Carrefour, puis par François Prat, en 1967 et 1968, pour la partie entre le carrefour et le cabinet des Bisons. L’installation électrique est également rénovée en 1973. Parallèlement ont lieu diverses tentatives pour améliorer la lisibilité des peintures naturellement recouvertes par la calcite : l’amincissement du concrétionnement par brossage, abrasion ou choc doux donne des résultats spectaculaires notamment sur la dernière frise des bisons.

Les graves problèmes de conservation entraînant la fermeture de Lascaux en 1963 incitent désormais à la plus extrême prudence. Sous la houlette du Laboratoire de recherche des Monuments historiques sont engagées des études thermiques (la fréquentation humaine augmente sensiblement la température interne de la cavité) mesurant les variations de température, le régime de circulation d’air, l’hygrométrie, la teneur en CO2 (qui en présence d’eau de condensation peut engendrer la dissolution du calcaire) etc. Tous ces paramètres, interactifs, ne peuvent pas être également contrôlés. On tente alors de limiter l’un d’eux, la présence de CO2, en complétant par un dispositif de pompage électrique la dépressurisation naturelle de la cavité.

La fréquentation publique entraîne d’autres nuisances : l’introduction de matières organiques et de divers débris se déposant sur les parois, leur encrassement général, créent les conditions nécessaires au développement de nombreux micro organismes potentiellement dangereux (champignons, moisissures, etc.), aggravés par la présence de points lumineux de l’éclairage. Il semble alors indispensable de neutraliser ces phénomènes en pratiquant régulièrement des traitements biocides par aspersion puis thermo nébulisation de produits chimiques divers et variés. Comme il est facile de le constater, la politique conservatoire mise en œuvre est essentiellement interventionniste et curative jusqu’en 1990, alors que l’on n’en maîtrise pas forcément les effets à moyen et long terme (cf. Lascaux).